Hors-Normes

Un Inventaire photographique de la Suisse d'aujourd'hui
Le projet Hors-Normes en bref

Le projet Hors-Normes en bref

- Un inventaire photographique de la Suisse d’aujourd’hui
- Un «connais-toi toi-même» unique et grandiose
- La photographie de paysage dans son sens le plus large
- La première mission photographique historique dans l’esprit des grandes missions des siècles passés
- Des images réalisées au Collodion humide, technique remontant aux origines de photographie ainsi qu'en techniques analogiques plus récentes
- Une interprétation contemporaine de la technique avec des positifs natifs de grandes tailles (1x1m, 0.5x1m et 0.5x0.5)
- La création d’un fond d’images de environ 200 ambrotypes géants
- Des expositions itinérantes et ateliers-conférences sur le projet
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LE CONSTAT

Le Monde change. La Suisse change. C’est inéluctable. C’est beau. C’est effrayant aussi. La nature et la profondeur de ces changements sont extrêmement variées et couvrent un champ allant de la politique et géopolitique à l’environnement et au climat en passant par la démographie, la société et la culture. Il ne me semble pas impératif de détailler ce constat tant il est connu. Ces conversions et soubresauts, évidents et moins évidents, rapides ou lents, représentent pour un photographe un vibrant appel à illustrer ces changements, à les inscrire au travers de son médium. Mais comment? Dans un monde dominé par une photographie surabondante et omniprésente, la tâche d’illustrer ces mutations peut paraître vaine. Mais pas totalement car le projet HORS NORMES propose de tarir le flot d’images pour n’arriver qu’à une série d’images homogènes et essentielles, avec le paysage comme point de convergence, dans l’esprit des illustres missions photographiques européennes, telle que la Missions Héliographique de 1853 et la Mission DATAR réalisée en 1983 en France.

L'enjeu Photographique

Le paysage comme point visuel de convergence

«Aménager le territoire, maîtriser ses mutations, c’est d’abord apprendre à le voir. L’oeil du photographe nous y aide», écrit Jacques Sallois (Directeur de Cabinet, Ministère de la Culture, France) en 1985. En partant du constat que le paysage, dans le sens large du terme, est le point visuel qui cristallise et révèle les changements de la société, de la nature, le paysage photographique devient alors un langage sensible et personnel. Il permet de créer une image riche et profonde de la Suisse à un moment dans le temps, au contraire d’une cartographie classique ou d’un inventaire exhaustif, qui schématiseraient de manière objective le pays mais omettraient de larges pans de la Suisse, car situés hors de tout affect.

Afin de clarifier mon propos, il me semble nécessaire de détailler les différentes intentions et manières d’aborder cette pratique photographique dans le cadre de HORS NORMES

Le paysage comme pratique de l’espace dans le temps

Le paysage tel qu’il est entendu couramment n’est qu’une représentation de l’espace dans le temps. Il évolue de manière naturelle sous l’action d’une multitude de facteurs exogènes et endogènes. La photographie de paysage se propose de figer à un moment donné une scène naturelle avec des conditions lumineuses variables, dans le but de présenter une représentation fidèle et flatteuse d’un lieu. Pratique exigeante et technique, la photographie de paysage nécessite la conjonction du point de vue et du temps, laissant au photographe le rôle de témoin subjectif de l’instant.

Le paysage comme traduction visuelle et sensible des changements

Dans un pays soumis à de fortes pressions démographiques, technologiques, climatiques, la photographie de paysage devient une traduction visuelle et sensible des changements qui s’opèrent en Suisse. En réalisant un ensemble de photographies paysagères d’envergure nationale, il sera possible de mettre en exergue ces mutations, inscrivant ainsi, dans l’histoire, les changements profonds que vit notre temps.

Le paysage comme construction culturelle et sociétale

Le paysage est façonné de multiples manières autant qu’il est multiple. En se posant la question fondamentale de ce qui compose un paysage, il apparait que ses composants ne sont pas tant des informations géographiques ou topologiques mais aussi tous les paramètres qui composent une société. La géographie, certes, mais aussi les habitants, les diverses cultures, coutumes et traditions, le niveau de vie, la richesse d’un lieu, sont autant de facteurs clé dans la composition de ces paysages et de ce qui constitue la Suisse d’aujourd’hui et celle, en devenir, de demain.

C’est dans son aspect visuel et dans son rôle important du travail de mémoire à destination de générations futures, que la photographie de paysage telle qu’entendue ci-dessus, que le projet HORS-NORMES propose d’être témoin subjectif du temps qui passe au travers d’un travail photographique homogène et cohérent qui conférera à cet ensemble une valeur historique réelle.